Qui n’a jamais rêvé, l’espace d’une seconde, de fermer ses comptes Ranks, Monitorank ou autres tableaux de bord pour repartir en enfance ? Qui n’a jamais voulu glisser une dose de nostalgie — une vraie, pas celle emballée par les agences — dans ses reportings ?
Les SEO n’y pensent jamais, ou trop rarement. Pourtant, deux éléments qui ont façonné mon imaginaire de gamin ont profondément modifié ma vision du référencement, ma façon de structurer la pensée, d’attaquer un projet, et même de définir la place du doute dans une stratégie.
Je vous embarque.
Les Lego — ou l’éloge de l’esprit du référenceur
Mon cher @Doeurf m’a toujours enseigné que le SEO est un art : un art discret, exigeant, fait de modèles que l’on respecte… jusqu’à décider qu’on doit les briser.
On parle souvent de fondamentaux, de process, de frameworks. On oublie que le SEO, c’est aussi la capacité de penser à rebours, de fouiller là où d’autres ne regardent plus, de se demander :
“Et si on pouvait faire autrement ?”
« Non, cherche plus loin. »
Cette phrase, que j’ai trop souvent entendue au début, m’a marqué comme une trace au scalpel.
En réalité, j’ai compris cette phrase tardivement.
Un matin ordinaire, en défaisant machinalement les briques de mes Lego — oui, j’en ai encore, ne me jugez pas — j’ai réalisé une chose : le travail d’un SEO ressemble moins à la construction du modèle présent sur la boîte… qu’à la reconstruction permanente d’un modèle qui n’est jamais exactement celui qu’on avait imaginé.
Qui parmi vous a suivi à la lettre les instructions Lego ?
Personne.
On construit.
On déconstruit.
On perd une brique essentielle.
On la remplace par une autre qui n’était pas prévue.
On adapte la structure au socle, au terrain, aux pièces restantes.
C’est exactement ce que nous faisons avec nos briques SEO :
- Technique (parfois une brique manque, parfois une autre est surdimensionnée)
- Contenu (parfois il faut tailler dans la masse, parfois il manque un pont narratif)
- Linking (la brique magique qui ne rentre jamais parfaitement dans l’emplacement prévu)
Le bon SEO n’est pas celui qui suit un plan.
C’est celui qui invente le plan à partir de ce qu’il a.
Bref :
La prochaine fois, au lieu de vous acheter un livre de référencement, achetez des Lego.
Vous comprendrez enfin ce qu’est l’architecture organique du web.
Les comptines — ou la poésie de la sémantique
Je laisse volontiers aux Sylvain(s), aux Laurent, le soin d’enseigner avec brio les cocons, corpus, silos, méta-mots et autres réjouissances lexicales.
Moi, je veux vous parler d’une autre source :
les comptines pour enfants.
Je réfléchissais récemment à une histoire à lire à ma petite Diane (ma filleule). Je tombe sur une comptine sur un clown — classique. Et puis “bim”.
La révélation.
Les comptines sont des bombes atomiques sémantiques.
Prenez ce simple “clown”.
Le mot est pauvre, presque maigre. Mais la comptine, elle, regorge d’associations :
- nez rouge
- bretelles
- grelots
- sabots
- foulard
- cirque
- échelle
- chapiteau
C’est un champ lexical vivant, tellement évident qu’on ne le voit plus. Le genre de choses qu’un enfant capte instantanément. Et que nous, adultes, avons oublié.
Les comptines sont des moteurs de suggestion.
Des générateurs naturels de topics, de co-occurrences, de contextes, de sentiment analysis avant l’heure.
Elles apprennent une leçon fondamentale :
La sémantique n’est pas dans la théorie.
Elle est dans la vie quotidienne, dans les mots simples, dans l’intuition primaire.
La prochaine fois que vous écrivez un texte optimisé, n’ouvrez pas Semrush.
Écoutez Henri Dès.
Penser “outside the box” — mais pour de vrai
Laurent Bourrelly a raison depuis quinze ans : penser “hors de la boîte”, ce n’est pas une posture marketing, ni un slogan. C’est une discipline.
Le SEO est une matière qui, par essence, devrait vous arracher les œillères.
Oui, les livres, les conférences, les blogs, les frameworks, tout cela est utile.
Mais tout cela vous limite aussi.
Parce que tout le monde lit les mêmes choses.
Tout le monde connaît les mêmes recettes.
Tout le monde applique les mêmes “bonnes pratiques”.
Ce qui vous fait grandir, ce n’est pas le SEO lui-même.
Ce sont les terrains de jeu que vous explorez en dehors du SEO, et qui nourrissent ensuite votre capacité d’invention.
Les Lego.
Les comptines.
Les cartes routières.
La peinture.
Le gaming.
La philosophie.
La sociologie.
Les métaphores que vous créez.
Le jour où j’ai arrêté de me comporter comme un référenceur…
je suis devenu un meilleur référenceur.
—-
On croit que le SEO se construit avec des outils.
Il se construit avec une imagination.
On croit qu’il s’apprend avec des tutoriels.
Il s’apprend avec une curiosité débridée.
On croit qu’il s’opère avec des process.
Il s’opère avec une capacité à reconstruire, encore et encore.
Si je devais résumer :
- Jouez avec vos briques.
- Lisez des comptines.
- Dépassez les cadres.
Et vous deviendrez meilleurs que n’importe quel consultant certifié.
Les SEO qui performent ne sont pas les plus équipés.
Ce sont ceux qui ont gardé une part d’enfance dans leur manière de lire le monde.

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