Ah ! La relation client en Référencement. Je vous en ai déjà parlé assez longuement tout au long de mes articles, au cours de ces derniers mois. C’est une thématique récurrente, que l’on voit poindre par étincelles sur les réseaux sociaux, mais qui ne semblent jamais être abordées de manière profonde et rigoureuse. Aujourd’hui, 1ère étape de notre tour d’horizon de cette relation client – prestataire, tumultueuse, et parfois orageuse…
#1 : Le déluge de science infuse
Le SEO, c’est l’un des rares métiers où le client veut sincèrement aider.
C’est touchant.
Mais dangereux.
On l’a tous entendu, ce fameux :
“Ouais… c’est bidon.”
Surtout quand on propose une stratégie qu’on a peignée pendant des heures, testée, modélisée, argumentée.
Le client, lui, arrive souvent en tabula rasa : aucune connaissance, beaucoup d’intuition, et une irrésistible envie de mettre les mains dans le cambouis technique.
Il faut donc deux choses :
- de la pédagogie (il a besoin de comprendre)
- de la fermeté (il a besoin d’être rassuré)
C’est vous le SEO. Pas lui.
Et ce n’est pas de l’arrogance : c’est une posture professionnelle.
Une stratégie ne peut pas être co-écrite avec quelqu’un qui n’en connaît ni les règles, ni les contraintes, ni les impacts.
Avant d’apprendre au client, apprenez-lui que vous êtes légitime.
#2 : Le torrent de la négociation (vaine)
Le moment où ça pique : le closing.
Il y a une croyance dangereuse dans ce métier : qu’il existerait un tarif standard.
Un prix catalogue.
Une grille magique.
C’est faux.
Le SEO se vend au temps passé, à la complexité du site, à l’historique, au risque, à l’énergie mentale, aux réunions, aux Q/A, aux itérations.
Pour ma part : mission + 3h de support.
Toujours.
Sans exception.
Si un client vous dit :
“Vous êtes beaucoup trop cher.”
Ne vous battez pas.
Une négociation trop longue annonce une collaboration toxique, faite de suspicion, d’érosion, de comptage d’heures.
La meilleure phrase, à dire avec élégance :
“Je comprends, mais mon niveau d’exigence a un prix.”
On ne négocie pas un chirurgien.
On ne négocie pas un bon SEO.
#3 : Les sauterelles impatientes
Ah, celle-là…
La plaie biblique.
Le client qui veut être premier en 2 semaines.
Celui qui confond SEO et magie noire.
Celui qui lit un article sur “comment gagner 10 places en 3 jours”.
Le SEO n’est pas un sprint.
C’est un marathon.
Sur un terrain parfois défoncé.
Si un client vous somme d’aller plus vite que la musique, dégainez votre joker :
👉 SEA
“Oui, mais… je vais devoir payer !?”
Oui.
C’est le principe.
Et c’est aussi le deal implicite que vous faites avec Google :
tu mets quelques pièces dans la machine, tu apprends plus vite.
Expliquez-lui :
- SEO = inertie, lenteur, architecture, sédimentation
- SEA = vitesse, tests, sprints, insights immédiats
Et rappelez-lui cette vérité absolue :
Un site optimisé avant mise en ligne ranke 10x plus vite qu’un site recousu après coup.
#4 : Les troupeaux de N00bs
On connaît tous cette phrase immortelle :
“Ma femme préfère le rouge.”
Dans le SEO, sa version est :
“Mon cousin, qui bricolait sur Minitel, dit que le référencement c’est de l’arnaque.”
L’entourage du client est un facteur de risque.
Parfois plus que son CMS.
C’est pour ça que la crédibilité se construit dès le premier contact :
- vos références
- vos audits
- vos preuves
- vos victoires
- votre méthode
Vous ne luttez pas seulement contre l’ignorance du client.
Vous luttez contre l’opinion de son entourage, souvent mal informé, parfois mal intentionné.
Mettez un cadre solide.
Et montrez que vous savez pourquoi vous faites chaque optimisation.
#5 : Les ténèbres de l’absence
Le silence, c’est la mort.
L’absence du prestataire détruit la confiance.
Le client vous a donné les clés — littéralement.
Et vous disparaissez parce que vous êtes débordé, stressé ou rincé.
Ça arrive à tout le monde.
Même aux meilleurs.
Surtout aux meilleurs.
Mais il faut réagir vite :
- un message
- un appel
- une excuse claire
- une solution
Du côté client, l’absence est tout aussi toxique :
“A-t-il intégré les optimisations ?”
“A-t-il signé ailleurs ?”
Une seule méthode pour éviter la crise :
👉 Un coup de fil.
Le bon vieux bigo, rien ne le remplace.
15 minutes au téléphone valent 15 emails non lus.
#6 : Le syndrome du Chef de projet
C’est LE piège des bons SEO.
Quand vous travaillez avec une agence (surtout en marque blanche), ça arrive vite.
Vous faites un bon audit → ils vous donnent les maquettes.
Vous pointez une erreur UX → ils vous mettent dans le Slack.
Vous répondez bien → vous devenez “responsable” du projet.
Sans le titre.
Ni le salaire.
Ni le périmètre.
Danger.
Fixez le cadre.
Expliquez ce que vous faites.
Expliquez ce que vous ne faites pas.
Par écrit.
Vous n’êtes pas :
- graphiste
- rédacteur full-stack
- webdesigner
- CM
- ergonome
- product owner
Vous êtes SEO.
Point.
Le reste, c’est du hors forfait.
#7 : Le fléau de la non-remise en question
On adore se croire bons.
On adore dire “j’ai raison”.
On adore penser qu’on a la vérité parce qu’on a 10 ans d’expérience, 300 audits, ou une conférence à notre actif.
Mais c’est faux.
Nous ne sommes pas des messies.
Nous n’avons pas la science infuse.
Et surtout : Google ne nous doit rien.
La remise en question doit être un réflexe :
- lorsque les résultats stagnent
- lorsque le client doute
- lorsque le marché change
- lorsque Google modifie ses guidelines
- lorsque vous vous trompez
Parce que oui, on se trompe.
Tous.
Même après 18 ans de web.
Ce n’est pas une faiblesse.
C’est le métier.
Conclusion : le SEO est un sport de combat humble
Ces sept fléaux ne sont pas des ennemis.
Ce sont des tests.
Des garde-fous.
Des rappels.
Ils nourrissent notre expertise autant qu’ils la challengent.
Le SEO n’est pas un métier qui récompense les rigides.
Il récompense les adaptatifs.
Les humbles.
Les précis.
Les pédagogues.
Les stratèges.
Bref :
Il récompense ceux qui savent écouter, expliquer, négocier, rectifier, douter et avancer.

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